Akhbar Al-Fajr Al-Dawliya/
Mohamed Yahya Abd El Wedoud-Dakar
L’opposition mauritanienne a mobilisé samedi soir, à Nouakchott, ses masses lors d’une marche qui a parcouru, en ligne droite, le centre de Nouakchott d’ouest en est. Une sortie qui rompt une très longue période d’aphasie de l’opposition qui se réveille de son sommeil d’hibernation. Elle a renouvelé son appel à la reprise des élections législatives, régionales et municipales organisées en mai dernier.
Les dirigeants des partis d’opposition ont mené la marche, qui est partie du Carrefour Sabah, à l’ouest de l’hôpital national, tout droit le long de l’Avenue Gamal Abdel Nasser et de l’Avenue de l’Unité Nationale, qui en est le prolongement en direction de la place de l’ancien aéroport.
Les manifestants brandissaient des slogans protestataires et des haut-parleurs en scandaient d’autres plus virulents, repris par la foule.
Biram Dah Abeid, député et ancien candidat à la présidentielle, martelait des slogans appelant à « la réorganisation des élections pour cause de la fraude qui les aurait entachées », selon ses termes.
Outre la demande de la tenue de nouvelles élections législatives, municipales et régionales, des revendications plus larges étaient présentes dans le discours: sécurité des citoyens et de leurs biens, levée de l’injustice, éradication de la marginalisation, baisse des prix, arrêt de l’hémorragie d’exildelajeunesse qui émigre par flux vers des pays plus cléments.
Des dirigeants de l’opposition ont demandé justice dans les dossiers du regretté trio Souvi, Omar Diop et Mohamed Lemine Samba. Ils ont déploré l’injustice, le racket, le chantage, la torture et l’assassinat exercés à l’encontre des citoyens par des éléments des forces de l’ordre.
Des manifestants demandaient l’autorisation du « Parti Rag », dirigé par l’ancien ministre Oumar Ould Yali.
Cette marche intervient après l’ouverture de la première session du nouveau Parlement, et à quelques jours de l’inauguration de la plupart des Conseils régionaux et municipaux issus du vote du 13 mai.
La plupart des partis politiques mauritaniens tant d’opposition que de la majorité avaient fait état de ce qu’ils appellent des « violations massives » qui auraient entaché le récent processus électoral et exortent, par conséquent, à l’organisation d’un nouveau scrutin.
Le Conseil Constitutionnel et la Cour Suprême ont rejeté la plupart des appels qui leur ont été adressés au sujet des récentes élections.
Mohamed Yahya Abd El Wedoud,
Directeur Akhbar Al-Fajr Al-Dawliya, Dakar





