Aid El KébirLa dure épreuve

Mohammed El Filali30 mai 2026Dernière mise à jour :
Aid El KébirLa dure épreuve

Aid El Kébir
La dure épreuve

La colère populaire qui a caractérisé l’Aid El Kébir de cette année suite à la flambée des prix des moutons s’est manifestée par de vives critiques à l’encontre du ministre de l’Agriculture, le tenant pleinement responsable de la crise qui a étouffé les familles marocaines et transformé le rêve d’acheter le mouton de l’Aïd en véritable cauchemar pour des milliers de citoyens.
En effet, les fortes protestations manifestées surtout à travers les réseaux sociaux ont souligné que le Maroc n’a jamais connu une pénurie pareille et des prix aussi exorbitants et ce depuis l’indépendance.
Cet état de mécontentement ne s’est pas arrêté à la description de l’actuelle crise, mais a plutôt porté une accusation directe contre la politique agricole adoptée, estimant qu’elle n’avait pas réussi à gérer la question avec clairvoyance et proactivité, malgré la présence de toutes les conditions censées conduire à une baisse des prix.
Outre, la crise actuelle survient directement après une année de trêve ce qui était censé réduire la pression sur le cheptel national, sans oublier l’énorme soutien financier du gouvernement dont ont bénéficié les éleveurs et importateurs de moutons, en plus de la bonne saison agricole suite aux importantes précipitations de cet hiver.
Le citoyen est donc en droit de se demander sur les vraies causes de cette situation contraire à la nature même du tissu économique du Maroc en tant que pays agricole.
La réponse est claire sans trop d’explications, elle réside dans l’échec de la gestion de cette question sensible, qui a conduit à l’inflammation des marchés au point où le prix du mouton frôle des niveaux records qui dépassent de loin le pouvoir d’achat des Marocains.
A cela s’ajoutent des déclarations faites par des responsables du secteur à leur tête le ministre de l’agriculture qui a parlé du mouton de mille dirhams, sachant que ce prix n’existe que dans l’imagination de tout un chacun, qui, dans sa zone de confort ignore la réalité du vécu quotidien du Marocain de la classe moyenne et déshéritée.
Dans un autre pays qui se dit democratique, un tel ministre doit démissionner de suite et présenter ses excuses au peuple, malheureusement, cette culture est encore loin d’être instaurée chez nous.
Politiquement, cela remet en question le sort des aides publiques allouées à certains secteurs en difficulté pour sauvegarder le pouvoir d’achat du citoyen.

      Marrakech le 28/05/2026
      Noureddine Benchekroun
Laisser un avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Termes des commentaires :

Derniers articles
fr_FR