Cameroun: Le Logone-et-Chari retrouve le calme après les violences de l’année dernière

Mohammed El Filali21 شتنبر 2022Last Update :
Cameroun: Le Logone-et-Chari retrouve le calme après les violences de l’année dernière

[03:53, 21/09/2022] Dr Yahia Mauritanie:

Le Ministre de l’Administration territoriale camerounais a effectué une visite dans l’Extrême-Nord du pays lundi 19 septembre. À cette occasion, il a remis une aide aux victimes des inondations et des affrontements entre Arabes Choas et Mousgoum. Les tensions entre les deux communautés avaient atteint leur paroxysme en 2021 dans le département du Logone-et-Chari. Bilan: des dizaines de morts et un paysage de désolation, les populations ayant fui la zone. Les déplacés de chiffrent par dizaines de milliers.

Jean Bosco Njock, chargé de projet pour l’ONG Adelpa (Action Locale pour un Développement Participatif et Autogéré), affirme :  »La vie est en train de reprendre peu à peu, mais pas pleinement ». C’est ainsi qu’il décrit l’atmosphère qui règne à Logone-Birni, commune sur le fleuve Logone, qui la frontière avec le Tchad.

Les déplacés ayant fui les violences de l’an dernier, sont de retour. Nombre d’entre eux ont tout perdu. Les greniers ont été détruits lors des affrontements et  »le climat de suspicion qui marque les relations intertribales est tel que les gens se regardent en chiens de faïence ». L’ONG Adelpa a repris ses activités dans la zone depuis mai 2022 dans un secteur rendu désert par la peur, la psychose.

C’est dans ce contexte, qu’intervient la visite, lundi 19 septembre, du Ministre de l’Administration territoriale camerounais, Paul Atanga Ndji. Une visite qui se veut importante, car elle vise à rassurer les communautés, selon le directeur de publication du journal Échos du Logone-et-Chari Mansour Adam Djibrin.

Il constate qu’entre Arabes Choas et Mousgoum,  »la paix est recherchée, mêle si la peur, de part et d’autre, est palpable ».

De nombreuses concertations ont eu lieu ces derniers mois entre chefs traditionnels, religieux, leaders communautaires, avec l’appui des autorités administratives locales. Les populations, qui avaient fui les affrontements, commencent à rentrer chez eux. Mais, à ceux qui ont tout perdu à cause des violences pourraient s’ajouter d’autres. Les récentes inondations feront grossir les rangs des déplacés, d’autant que la saison des pluies n’est pas terminée.

Pour ne rien arranger, des attaques sporadiques secouent le département, qui ne cesse de subir les assauts de Boko Haram, dans sa partie nord-ouest, vers la frontière nigériane.

Akhbar Al-Fajr/Maroc

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