[10:14, 20/09/2022] Dr Yahia Mauritanie:
Le Président sénégalais Macky Sall a nommé ce samedi 17 septembre un nouveau Premier Ministre, poste qu’il avait supprimé en 2019. En la personne d’Amadou Ba, dont la nomination intervient dans un contexte intérieur marqué par de vives tensions politiques.
Après trois ans de vide, le Sénégal retrouve un Premier Ministre. Le Président Macky Sall a choisi pour ce poste l’un de ses anciens ministres, Amadou Ba, âgé de 61 ans. La fonction de Premier Ministre avait été supprimée par Macky Sall en 2019 puis rétablie en décembre 2021. Le Président sénégalais avait toutefois attendu que les élections locales et législatives de juillet se déroulent pour faire son choix.
Le nouveau chef de gouvernement n’est pas un novice au sein du gouvernement. En effet, il a été Ministre des Finances de 2013 à 2019 puis des Affaires étrangères entre 2019 et 2020.
Dans un contexte de flambée des prix, Amadou Ba aura pour mission de mener de « larges concertations » et de prendre de « nouvelles mesures » sur le plan social, a dit vendredi soir Macky Sall dans une adresse à la nation diffusée sur la télévision nationale.
Le camp présidentiel était arrivé très légèrement en tête à l’issue des législatives. Il avait gardé la majorité absolue à l’Assemblée nationale grâce au ralliement in extremis d’un député de l’opposition. Cependant, le pays reste fortement divisé par le clivage politique bipolaire. Majorité versus opposition.
La rentrée parlementaire, au début de cette semaine, a été ponctuée par une série d’incidents entre les députés, si bien que les gendarmes ont dû intervenir dans l’enceinte même du Parlement.
La suppression du poste de Premier Ministre en 2019 visait à établir un nouvel équilibre entre les pouvoirs, en consolidant le caractère présidentiel du régime sénégalais et en facilitant le fonctionnement du gouvernement. L’opposition et un pan de la société civile y ont vu une tentative d’accaparement du pouvoir de la part de Macky Sall, dont les prérogatives étaient devenues exorbitantes..
Plus de trois ans plus tard, il est toujours critiqué par l’opposition pour son dirigisme et sa monocratie. Les opposants lui prêtent également l’intention de briguer un troisième mandat en 2024. D’ailleurs, il maintient le flou sur sa volonté réelle à ce sujet.
Un concert, qui devait se tenir samedi à l’initiative d’organisations de la société civile, a été interdit au motif de »risques de troubles ». Seul hic, il s’agit d’un plaidoyer pour la limitation des mandats en Afrique. Il n’en fallut pas plus pour déclencher une vague d’indignation sur les réseaux sociaux.
Akhbar Al-Fajr/Maroc



