La réouverture des frontières reportée au mois de juillet : Tourisme international, le spectre d’une saison blanche

Mohammed El Filali16 يونيو 2020Last Update :
La réouverture des frontières reportée au mois de juillet : Tourisme international, le spectre d’une saison blanche

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Le gouvernement a annoncé que l’examen d’une éventuelle réouverture de l’espace aérien et des frontières terrestres et maritimes est reporté à début juillet.

Depuis le 7 juin dernier, les agences de voyages ont été autorisées à reprendre leurs activités. Sauf que dans les faits, les opérateurs de la filière attendent une véritable relance pour pouvoir se remettre réellement au travail. La relation quasi indissociable du secteur du tourisme avec les secteurs du transport et la réouverture des frontières étant telle que le wait and see est encore de mise. La reprise semble encore une perspective indéterminée. Le gouvernement vient d’annoncer que l’examen d’une éventuelle réouverture de l’espace aérien et des frontières terrestres et maritimes est reporté à début juillet. A Air Algérie, on affirme attendre un feu vert des hautes autorités pour annoncer une remise en vol des appareils. Récemment, la compagnie nationale a annoncé ne pas pouvoir avancer de date pour la reprise du trafic aérien des voyageurs. Une décision qui relève des hautes autorités et qui reste tributaire de contingences externes, ne cesse de répéter Air Algérie. Et même en cas de reprise, la compagnie annonce une activité à minima, à hauteur de 30% du programme habituel, voire ne pouvant dépasser les 40% d’ici fin 2020. Similairement, le tourisme et le transport font partie des principaux secteurs victimes de la pandémie. L’Association internationale du transport aérien (Iata), prévoit que le secteur du transport aérien ne devrait pas retrouver son niveau de trafic d’avant la crise avant 2023. Et le tourisme encaisse de fait le plus de pertes par le chiffre d’affaires et les bénéfices, les agences de voyages et les hôteliers étant carrément «désactivés». Il est vrai que les pertes auxquelles font face les voyagistes et les hôteliers sont pour le moins importantes. A titre d’exemple, les agences basant leurs chiffres d’affaires sur le tourisme religieux, celui du hadj et de la omra, frisent le désastre, le marché représentant 600 000 pèlerins par an.

2020, une année noire
Les métiers du tourisme, des voyages et de l’artisanat ont été les premiers à être autorisés à démarrer, en attendant la réouverture des hôtels, des plages, des frontières et la reprise du transport aérien. Mais la reprise du secteur touristique sera visiblement lente et en partie conditionnée justement par l’ouverture des frontières et de la reprise du transport aérien. Les vacances de cette année semblent complètement ratées, d’autant plus que la saison estivale rime cette année avec pandémie et coronavirus. Les agences de voyage semblent pour le moment comme paralysées. «Il ne s’agit pas d’ouvrir juste pour ouvrir. Tant que les espaces aériens et maritimes ne sont pas ouverts, nous ne pouvons pas exercer», estiment la majorité des professionnels du secteur. Le Syndicat national des agences de voyages (Snav) a déjà annoncé les pertes endossées par les agences, résultat d’un événement sanitaire inédit. Le Syndicat appelle à mettre urgemment en place un plan d’accompagnement visant à assister les acteurs d’un secteur en perdition dont un accompagnement financier afin d’amortir une saison visiblement perdue mais aussi sauver des entreprises qui risquent de mettre la clé sous le paillasson. En tout cas, 2020 est déjà inscrit comme une année noire pour le tourisme. Un plan de sauvegarde est proposé par la Fédération nationale des associations des agences de tourisme (Fnat) pour qui «il est impossible au voyagiste de procéder au redémarrage de son activité, étant donné que les autres secteurs, dont les transports, l’hôtellerie et autres activités transversales sont toujours à l’arrêt». Et pour cause, l’activité du tourisme étant fortement liée à d’autres activités elles-mêmes frappées de plein fouet par la pandémie. Pour l’heure, en plus de l’espoir de voir la pandémie s’éteindre rapidement, les professionnels s’accrochent à d’éventuelles aides de l’Etat pour pouvoir résister. «Reporter les déclarations et les paiements pour l’ensemble des obligations fiscales et parafiscales jusqu’au 31 décembre 2020, inviter les organismes bancaires à faire preuve de solidarité par le biais de facilités de caisse et en octroyant des crédits bancaires à un taux zéro, créer un fonds de soutien et de redémarrage des activités touristiques». Pour les agences de voyages, l’espoir fait vivre.

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